3234124347_1_2_sRqc5Q68Le corps est fragile. C’est peut-être pour ça qu’il reste blanc, mais elle l’aime bien ce blanc. Il est beaucoup plus joli que n’importe quelle peau bronzée, brûlée. Mais elle est laide malgré ce blanc. Elle est l’aide à la lumière, elle est laide à l’obscurité, elle est laide cachée, prostrée, brisée, épuisée. Elle est laide sous ses faux sourires, hypocrites. Elle ne peux pas être jolie, elle ne le pourra jamais. Elle garde trop les cicatrices. Sur le visage, à l’intérieur du corps, à l’intérieur du cœur, de l’esprit. C’est pas beau d’être marqué, pas sur elle. L’ombre et le sang coulent à l’intérieur pour les larmes qui ne coulent pas dehors. Ses cheveux le lui rappellent. Elle a troqué ses cheveux bruns aux reflets roux contre une chevelure cerise. Comme le sang qui commence tout juste à coaguler. Son corps aussi se fige. Dans la douleur il se crispe pour ne pas hurler, hystérique. Elle pourrait dérailler si elle ne se retenait pas. Elle le sait. C’est déjà arrivé. Alors elle laisse seulement l’ombre et le sang couler à l’intérieur pour les larmes qui ne veulent plus couler dehors. Et elle attend, raide, luttant contre la rage et la folie qui n’attende que la plus petite faiblesse pour prendre le dessus. Elle attend la mort, impatiemment, impatiente. Elle ne peut pas la faire venir elle même, elle a promis. Elle a promis sa lutte. Alors elle attends. Avec l’envie de quand même la faire venir. L’envie de prendre un beau couteau dans la cuisine pour le planter à l’endroit métaphorique et symbolique du cœur. L’envie de vider une boite entière si ce n’est plus de ce qu’on utilise habituellement pour se soigner, mais au fond ce serait peut-être une façon de guérir. L’envie d’attendre une voiture pour traverser puis sentir le choc du pare brise contre sa tête, le crâne peut-être défoncé. Elle attend son heure, gentiment, sagement. En attendant elle reste dans sa bulle, elle aime sa vie d’hamster. Ses livres, ses boissons chaudes, son alcool, ses bougies, son encens, sa musique, ses plantes, les mots. Elle parle parfois, à certains. Mais ça fait bien longtemps qu’elle n’arrive plus à réellement saisir les mains. Elle essaye de voir plus loin pour ne pas se plaindre, elle sait qu’il y a pire ailleurs, mais essayer ce n’est pas toujours réussir. Alors parfois elle se sent bien bas quand elle se retrouve à genoux en faisant marcher sa petite bouche qui ne sert presque pas. Pourquoi on lui demande comment elle fait pour être encore là. Elle ne sait pas. Elle se laisse juste porter, elle a abandonné le combat il y a déjà longtemps. La petite fille qu’elle n’a pas pu être prend le dessus pour la rendre lâche.
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